Avant l'introduction des thérapeutiques ciblées, le traitement du cancer du rein métastatique reposait sur l'immunothérapie, notamment l'interféron alpha et l'interleukine 2.

Le système immunitaire est une composante essentielle dans le contrôle ou le développement d’un cancer. En effet, ce système comporte des cellules particulières, qui appartiennent aux globules blancs (ou leucocytes), et qui sont capables de reconnaitre et de détruire les cellules cancéreuses. On estime qu’il existe le plus souvent un déséquilibre du système immunitaire qui explique le développement d’un cancer, et que de restaurer des fonctions immunitaires normales pourrait faire régresser le cancer. A partir de ces constations, initialement faites au laboratoire, l’idée est venue de stimuler le système immunitaire par des médicaments.

Deux « cytokines » (substances produites par des cellules) appelées interleukine 2 et interferon sont ainsi capables de stimuler certaines populations de leucocytes pour leur permettre de reconnaitre et de détruire plus facilement les cellules cancéreuses.

Depuis 20 ans, l’interleukine 2 et l’interferon alpha sont utilisés dans le cancer du rein, et ont permis d’obtenir des régressions spectaculaires de métastases, notamment pulmonaires. Malheureusement, seuls 10 à 15% des patients retirent un effet bénéfique de ces traitements, qui par ailleurs, sont souvent très mal supportés (fatigue, fièvre, syndrome grippal, chute de tension, oedèmes, éruptions cutanées et rougeurs, dépression)1.

Actuellement, depuis l'arrivée des thérapies ciblées qui ont montré leur activité dans le cancer du rein métastatique (voir la page "Les thérapeutiques ciblées", ces traitements restent réservés à une petite catégorie de patients que des études ont permis de bien définir. En France, seul l'interféron alpha est toujours utilisé mais uniquement en association avec le bévacizumab (Avastin). 

En parallèle, la recherche avance pour essayer de développer des immunothérapies plus « ciblées », dont le but est de "re-déclencher" le système immunitaire en bloquant le "frein" qui permet normalement au système immunitaire de s'arrêter après un certain nombre de jours d'activation, afin qu'il puisse agir contre la tumeur. Les résultats des premières études sont très prometteurs dans de nombreux cancers, notamment dans le cancer du rein. Une étude de phase 3 visant à évaluer l'efficacité d'un nouveau médicament, un anticorps anti PD1, dans le cancer du rein à cellules claires avancé ou métastatique, après échec d'un ou de deux traitements anti-angiogéniques, est actuellement en cours d'inclusion (voir la page "Essais cliniques cancer du rein").

Pour en savoir plus :

Voir les présentations du Dr Escudier lors de la 6ème Rencontre Patients ARTUR "Traitement médical du cancer du rein : les nouveautés, les espoirs" et lors de la 5ème Rencontre Patients "Quoi de neuf dans les traitements médicaux ?".

Référence :

1. Mieux comprendre le cancer du rein. Escudier B, Mejean A. Editions John Libbey Eurotext, collection "Dialogue Médecin-Malade" (2009), 41 p.

Dernière mise à jour : le 10 janvier 2013.

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