L'évaluation du pronostic du cancer du rein est encore à l'heure actuelle un défi pour les médecins. Il dépend essentiellement du stade auquel la maladie a été découverte, de la taille tumorale et du grade histologique.

Mais les cancers du rein représentent une maladie hétérogène sur le plan clinique et biologique avec une évolution naturelle et des réponses aux traitements très différentes.

Différents éléments permettent d'essayer d'évaluer les chances de guérison, les risques de rechute et dans les formes les plus graves, les chances de survie1.

Le stade TNM, qui est basé sur la taille de la tumeur, l'existence de ganglions au moment de l'intervention et de métastases à distance du rein, est la classification la plus utilisée. Les stades I et II correspondent à une maladie limitée au rein, le stade III à une maladie étendue au delà du rein, mais sans extension à distance, et le stade IV, à l'existence de métastases à distance (voir "La classification TNM" sur la page "Diagnostic").

Cependant cette classification ne donne qu'une première idée du pronostic. Ainsi, dans les stades IV, le pronostic est très différent en fonction de l'état général, du lieu des métastases, du moment où apparaissent les métastases, etc.

Un certain nombre de systèmes pronostiques ont été décrits dans les cancers du rein localisés et métastatiques. Ces systèmes prennent en compte différents facteurs :

  • Cliniques :  Performance status de l'OMS (indicateur pour juger de l'état d'autonomie d'une personne), symptômes locaux, symptômes systémiques, cachexie, intervalle entre le diagnostic et le traitement.
  • Biologiques : Hémoglobine, calcémie (taux de calcium dans le sang), LDH, plaquettes, globules blancs neutrophiles.
  • Anatomiques : Taille tumorale, franchissement de la capsule rénale, envahissement veineux, envahissement de la graisse du sinus ou péri-rénale, envahissement surrénalien, envahissement ganglionnaire ou métastases à distance, nombre de sites métastatiques (classification TNM).
  • Histologiques : Grade de Fuhrman (voir la page "Diagnostic"), sous-type histologique, composante sarcomatoïde, invasion microvasculaire, nécrose tumorale et envahissement du système collecteur.

Ces systèmes permettent de définir des groupes de risque ou de pronostic et d'orienter le traitement ou éventuellement de proposer un essai clinique. Des marqueurs moléculaires sont en cours d'investigation pour préciser le pronostic mais ne sont pas actuellement utilisés. Certains marqueurs pourraient à l'avenir renseigner sur le potentiel thérapeutique d'un traitement donné pour un patient.

Mais il faut toujours se rappeler que ces classifications sont des modèles statistiques et que la fiabilité des modèles statistiques ne l'est qu'au niveau de la population et des groupes (cohortes) de patients. Les médecins doivent avoir un certain recul dans leur interprétation en ce qui concerne chaque individu. Un patient, qui peut avoir initialement un mauvais pronostic ou un pronostic intermédiaire, peut réagir remarquablement bien aux différents traitements et avoir une survie prolongée tout à fait acceptable.

Lors de petite tumeur localisée, sans métastases, le risque de rechute est très faible, le taux de rémission complète à 5 ans étant selon les systèmes pronostiques, de 91% à 97%2. Ce taux reste également très bon pour les tumeurs plus volumineuses, sans métastases, qui restent confinées à la loge rénale.

L'arsenal thérapeutique disponible pour lutter contre le cancer du rein métastatique s’est considérablement élargi en 6 ans. De nouveaux médicaments sont régulièrement approuvés et mis à la dispostion des oncologues. Compte-tenu de l'évolution des traitements en situation métastatique, certains anciens systèmes pronostiques sont à l'heure actuelle remis en cause. La possibilité de traitements séquentiels, c'est-à-dire l'utilisation des différents médicaments disponibles, les uns après les autres (voir la page "Cancer métastatique"), après échec ou reprise de la croissance tumorale, permet d'améliorer le contrôle de la maladie. Grâce à cette nouvelle possibilité de prise en charge, l'espérance de vie des malades du cancer du rein métastatique a augmenté et continue d'augmenter chaque année. C'est grâce à cette "révolution", qu'une chronicisation du cancer du rein métastatique pourrait être envisagée dans certains cas.

La participation à un essai clinique peut également donner la possibilité d'avoir accès à des traitements innovants car la recherche avance activement afin d'enrichir les possibilités thérapeutiques envisageables pour chaque ligne de traitement, tout en prenant en considération la répercussion de ces traitements sur la qualité de vie.

Il ne faut pas non plus oublier que le rôle des patients est considérable dans l'acceptation et la compréhension de leur maladie, donc dans l'adhésion au traitement et ainsi dans la prise en charge globale.

Références :

  1. Mieux comprendre le cancer du rein. Escudier B, Mejean A. Editions John Libbey Eurotext, collection "Dialogue Médecin-Malade" (2009), 41 p.
  2. Renal cell carcinoma: ESMO Clinical Practice Guidelines for diagnosis, treatment and follow-up. 2012: Escudier B, Kataja V, Khoo V, Mulders P, Patard JJ, Porta C, Algaba F, Eisen T. Annals of oncology : official journal of the European Society for Medical Oncology / ESMO 2012;23 (Suppl 7),vii65-71.

Pour en savoir plus :

Voir les présentations du Dr Escudier lors de la 6ème Rencontre Patients ARTUR "Traitement médical du cancer du rein : les nouveautés, les espoirs" et lors de la 5ème Rencontre Patients "Quoi de neuf dans les traitements médicaux ?".

Dernière mise à jour : le 11 janvier 2013.

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